
L’Iconoclaste – janvier 2025 – 253 pages
*
Lara travaille dans un service d’addictologie, elle est chargée d’accompagner l’équipe qui soigne les adolescents drogués aux écrans, ceux qui ont développé différentes pathologies : il y a celui qui est déscolarisé depuis 3 ans, celle qui passe ses nuits sur son portable, celle qui passe des heures sur des forums en ligne et ne parvient plus à sortir de chez elle… En observant tous ces enfants, ces ados, Lara se remémore ses propres failles, ses propres addictions. Elle se souvient de sa liaison avec le médecin qui soignait sa famille et ses enfants. C’était il y a 5 ans. Elle est tombée dans une spirale infernale, messages et photos, elle était devenue dépendante de cette relation, de ces échanges.
Lara se demande si cette liaison avait eu lieu 20 ou 30 ans plus tôt, aurait-elle été aussi destructrice ? Les réseaux sociaux, le numérique, ont-ils joué un rôle dans cette relation toxique ? Époque est un roman électrochoc où défilent tous ces profils ces portraits d’enfants et ados qui souffrent à cause des écrans. Avec effroi, on y lit que les addictions aux écrans entraînent un flot de souffrances – phobies sociales, dysmorphophobie, troubles du comportement alimentaire, jusqu’au suicide. C’est un roman sur l’emprise et ses démons, la toxicité d’une relation amoureuse. Les mots de Laura Poggioli m’ont beaucoup remuée, ils nous mettent face à nos propres démons, nos propres addictions, celles que l’on se refuse de regarder dans les yeux.
« Le temps passé auprès de jeunes situation d’addiction m’affecte profondément. Je comprends leur détresse, elle parle à une partie de moi. Celle qui me fait peur, celle qui pourrait me perdre si un événement me faisait sortir des rails, pour de bon. »