Genly Aï, terrien, a été envoyé en mission sur la planète Gethen aussi nommée Nivôse tant il y fait froid. Il est chargé d’amener les habitants de Gethen à rejoindre l'Ekumen, une fédération de planètes. La principale particularité de cette planète c’est que ses habitants sont androgynes et asexués durant de longues périodes. Le terrien étant l’exception ici, il passe pour un monstre ou un anormal aux yeux des locaux, dans ces conditions comment va-t-il réussir à remplir sa mission ?
Je salue le talent d’imagination de l’écrivaine et la construction pointue de son roman mais je me suis ennuyé à mourir à le lire !
La population de Gethen est d’origine humaine mais a été génétiquement modifiée, la rendant androgyne et asexuée (« J’étais encore incapable de voit les êtres de cette planète comme ils se voient eux-mêmes. Je m’y efforçais, mais sans réussir à autre chose qu’à voir en chaque habitant d’abord un homme, ensuite une femme, également gêné de le ranger artificiellement dans l’une ou l’autre de ces catégories, si étrangères à sa nature et si essentielles à la mienne »), sauf pendant quelques jours par mois où ses habitants adoptent des caractères sexuels masculins ou féminins selon la situation, « Pendant vingt et un ou vingt-deux jours le sujet est soma, en état de latence ou inactivité sexuelle. (…) Le 22ème ou 23ème jour le sujet entre dans la période du kemma, l’équivalent du rut animal. » Etc. Le succès du roman tient certainement en partie à sa date de publication, l’année 1969, « année érotique » mais plus sérieusement période de révolution sexuelle… Tout en restant très moderne, « Quel pronom employer pour désigner un Géthénien ? Le genre neutre n’irait pas, car c’est un être à la fois masculin et féminin. Il faudrait disposer d’un pronom bisexuel ou intégral. (…) Faute de quoi je suis obligé d’employer le masculin, exactement pour les mêmes raisons que ce genre était appliqué à un dieu transcendant. Le masculin est moins défini, moins spécifique que le neutre ou le féminin. » Que les lecteurs prudes se rassurent, il n’y a rien de scabreux dans le texte, par contre il offre matière à réflexion c’est certain et a beaucoup agité la sphère féministe en son temps !
La lecture du roman est assez complexe pour de multiples raisons liées au talent de Le Guin qui a réussi a construire un monde qui nous est complétement étranger dans le moindre de ses détails et ils abondent : les noms propres sont difficiles à mémoriser (« le nouveau Premier ministre, Pemmer Harge rem ir Tibe ») et les néologismes bien qu’ils n’affectent pas la compréhension, touchent à tous les domaines : plantes, animaux, vêtements, peuples, géographie locale ou spatiale… Il faut suivre !
Genly Aï va devoir slalomer à travers les complexités culturelles et politiques de la planète avec ses luttes internes, la notion de loyauté et plus généralement de communication et de relations humaines.
Un roman particulièrement étoffé mais comme je l’ai dit en introduction quel ennui…