Les Rhéteurs, tome 3 - Montès

Rhéteurs, tome Montès
Rhéteurs, tome Montès
Après quarante années de paix, la guerre s’abat sur Civilisation. Montès, la baronnie martiale, est aux premières loges pour contenir les invasions. Mais son nouveau baron, un dément aux ambitions pharaoniques, menace de précipiter la chute de ses alliés. Une seule solution : agir dans son dos pour traiter avec l’ennemi. Et c’est sur les épaules d’Oditta d’Anoss, la naïve et dispensable ministre des Frivolités, que repose cette mission suicide...
Rhéteurs, tome Montès
Pourquoi ce livre ? J’ai découvert le premier opus des Rhéteurs par le biais d’un service de presse, à l’époque où l’éditeur alimentait régulièrement le catalogue des poches. J’avais beaucoup aimé et la suite m’avait grandement plu aussi ! J’ai vainement attendu la sortie poche du petit dernier de la trilogie, c’est finalement via la médiathèque que j’ai pu le découvrir.
Je ressors déçue par Montès. Nous voilà plongés dans un énième conflit territorial, avec des personnages qui ont conscience des combats qui ne permettent de gagner que quelques mètres, mais qui persistent dans leur entêtement. Au milieu de tout ceci, deux personnages vont tenter l’impossible en s’introduisant dans le camp ennemi pour entamer des pourparlers et mettre fin à l’usure générale. D’un côté, Thelban, qui maîtrise les mots comme des lames tranchantes. De l’autre, Frisette, pardon, Oditta, une Ministre des frivolités naïve. Ce duo que tout oppose avait tout pour me plaire… et pourtant !
Je me suis globalement ennuyée dans cette lecture. On assiste à une course contre la montre sur les terres de Montès. Pourtant, le chemin n’est que peu semé d’embûches. Par ailleurs, les joutes verbales auraient pu être succulentes voire truculentes, seulement elles avaient elles aussi la saveur de la répétition et du déjà-vu. Du “Frisette” par-ci et un rabaissement par-là, avec une Ministre superficielle incapable de se défendre - et elle en a conscience, ce qui rend son empotement plus terrible. De fait, un gros tiers du récit aurait pu, ou dû, être renforcé par des péripéties plus impactantes ou alors être dégrossi pour se faire moins lourd.
Je m’attendais vraiment à être surprise par la fin que je suis allée au bout. Là encore je ressors déçue, avec le sentiment que la tension allant crescendo, une fois en terre des mi-hommes, retombent comme un soufflé. Certes, ce qu’on apprend sur Thelban le montre sous un nouveau jour. Cela me paraît tout de même peu à se mettre sous la dent. D’ailleurs, j’ai eu le sentiment que l’autrice peinait à trouver une fin convenable à sa trilogie. Je ressors vraiment peu convaincue, par la résolution comme par l’épilogue. De plus, l’ensemble ne présente aucun thème nouveau, l’intrigue s’inscrit dans une fantasy somme toute très classique.
Je m’en veux légèrement face à une prise de conscience à la fin de ma lecture : on connaît Renaldo, personnage seconde dans ce dernier volume, et Thelban puisqu’ils forment à eux deux le duo de choc d’Anasterry. Je ne les ai pas reconnus, les voyant ainsi comme si c’était notre première rencontre. Là où j’avais apprécié leur connivence par le passé, on ne peut que noter ici leurs différences.
Dans tous les cas, je suis restée hermétique aux personnages. Oditta m’a d’emblée insupportée, du fait de sa superficialité. C’est vraiment le genre d’héroïnes empotée qui se croit au-delà de tout principe du fait de sa place dans le gouvernement. Thelban la remet régulièrement à sa place mais cela ne devient, à force, plus drôle - pour rappel, une grande partie du contenu se borne à mettre en scène leur dualité. J’étais beaucoup plus attachée à Thelban l’épicier, pour sa hardiesse et sa vision très moderne des conflits et de la tolérance. C’est aussi la raison pour laquelle je suis déçue par sa fin, pas en adéquation avec tout ce qui a précédé.
Même le style de l’autrice ne m’a pas convenu, avec néanmoins une amélioration en cours de route (ou alors, je m’y suis habituée). Les phrases me paraissaient très hachées, avec beaucoup de virgules et d’insertion, de sorte que le rythme est toujours cassé, interrompu par un énième détail. C’est étrange car je n’avais pas souvenir de cela dans les précédents tomes, en tout cas ça m’a frappée ici.
Rhéteurs, tome Montès
Je pensais passer un excellent moment de lecture, à l’image des deux précédents tomes. La déception n’en fut que plus grande. Je me suis ennuyée pendant une bonne partie de ma lecture, avec peu d’envie de l’ouvrir pour l’avancer. Les joutes verbales entre les personnages s’essoufflent rapidement pour tourner en rond et l’intrigue n’est pas bousculée par des péripéties extravagantes. Le rythme suit un train-train tranquille, en dehors de la fin précipitée. Je suis contente malgré tout d’avoir fait le tour de l’univers.
12/20
Montès d'Isabelle Bauthian, ActuSF, 565 p. Couverture par Mina M.
Les autres titres de la saga :
1. Anasterry
2. Grish Mère
3. Montès
- saga terminée -


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